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Le Sénat vote l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs

Par 252 voix contre 80, les sénateurs ont adopté mercredi une mesure qui supprimerait tout délai pour porter plainte pour viol sur mineur. Une exception jusqu'ici réservée aux crimes contre l'humanité, qui doit encore franchir l'étape d'un compromis avec l'Assemblée.

Par la rédaction d'IWN

2 min de lecture

Rédigé par IA à partir des sources citées.

L'hémicycle du Sénat, au palais du Luxembourg : rangées de sièges rouges en demi-cercle, boiseries, statues et coupole dorée.
L'hémicycle du Sénat, au palais du Luxembourg, à Paris, en septembre 2021.Photo : TimeTravelRome / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Le Sénat a voté mercredi 28 octobre l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs, par 252 voix contre 8012. La mesure a été adoptée lors de l’examen du projet de loi relatif à la protection des enfants, avec le soutien du gouvernement12. Si elle est confirmée, une victime pourra porter plainte quel que soit le temps écoulé depuis les faits. Le vote intervient dans un climat d’émotion publique après plusieurs affaires, dont celle de Lyhanna et des violences signalées dans le périscolaire à Paris1.

En droit français, l’imprescriptibilité est une exception : elle ne s’applique aujourd’hui qu’aux crimes contre l’humanité12. Pour un viol commis sur un mineur, le délai est actuellement de trente ans à compter de la majorité de la victime, qui peut donc porter plainte jusqu’à 48 ans12. Depuis une loi de 2021, ce délai est « glissant » : si l’auteur commet un nouveau viol sur un autre mineur, la prescription du premier crime est prolongée d’autant2.

Un vote qui divise la droite

Dans une assemblée dominée par la droite et le centre, le vote n’a pas suivi les lignes habituelles2. Ont surtout voté contre des élus de droite, rejoints par quelques centristes et trois socialistes12. Quelques jours plus tôt, la commission des lois du Sénat avait rejeté la mesure, y voyant une « rupture majeure » avec la tradition juridique française1.

Dans l’hémicycle, la sénatrice Les Républicains Muriel Jourda a fait valoir que certaines victimes ne parlent que parce que la prescription est acquise, et reproché aux partisans du texte de faire « un choix entre les victimes »12. La centriste Annick Billon a défendu à l’inverse que la prescription était une forme d’impunité1.

La ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, qui portait la mesure au banc du gouvernement, s’est félicitée sur X : « Plus jamais un enfant victime d’inceste n’entendra qu’il était trop tard pour parler »12. L’association Face à l’inceste, par la voix de sa présidente Solène Podevin-Favre, a salué une victoire2.

Deux versions à concilier

Le texte du Sénat et celui de l’Assemblée nationale ne sont pas identiques. Les députés avaient approuvé le principe de l’imprescriptibilité le 16 juillet, dans une rédaction plus large qui couvrait aussi d’autres crimes, comme le meurtre ou l’enlèvement2. Les sénateurs ont limité la mesure aux crimes sexuels : viol, viol aggravé et viol incestueux12. Le gouvernement jugeait la version des députés fragile au regard de la Constitution1.

Le projet de loi, sur lequel le gouvernement a engagé la procédure accélérée, a pour rapporteures au Sénat Agnès Canayer et Dominique Vérien ; son examen en séance se poursuivait jeudi3. Les sénateurs doivent ensuite se prononcer sur l’ensemble du texte lors d’un vote solennel prévu mardi, dont l’issue fait peu de doute12. Une commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, devra enfin s’accorder sur une version commune, pour une adoption définitive attendue dans les prochaines semaines12.

Ce que l’on sait

  • Le Sénat a voté mercredi 28 octobre, par 252 voix contre 80, l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur des mineurs.
  • Aujourd'hui, une victime de viol dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à 48 ans.
  • La version du Sénat se limite au viol, au viol aggravé et au viol incestueux ; celle de l'Assemblée visait aussi d'autres crimes.
  • Le gouvernement soutient la mesure ; une commission mixte paritaire doit encore accorder les deux chambres.

Ce qui reste à savoir

  • Quelle rédaction la commission mixte paritaire retiendra-t-elle : celle du Sénat ou celle, plus large, de l'Assemblée ?
  • La mesure s'appliquera-t-elle aux faits déjà prescrits, ou seulement aux affaires en cours de délai ?
  • Le Conseil constitutionnel sera-t-il saisi ?

Sources

  1. 1.
  2. 2.
  3. 3.
    Protection des enfants (projet de loi en séance)Sénat · 29 octobre 2026 · senat.fr

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