Christine Lagarde quittera la BCE le 7 février, neuf mois avant la fin de son mandat
La présidente de la Banque centrale européenne a annoncé jeudi son départ anticipé, le jour même où l'institution laissait ses taux inchangés. Le calendrier permet à Emmanuel Macron de peser sur le choix de son successeur avant la présidentielle française du printemps 2027.
Par la rédaction d'IWN
Rédigé par IA à partir des sources citées.

Christine Lagarde quittera la présidence de la Banque centrale européenne le 7 février 2027, environ neuf mois avant le terme de son mandat de huit ans12. L’annonce, faite jeudi 29 octobre par l’institution de Francfort, met fin à des mois de spéculations ; elle est tombée quelques heures avant la décision de politique monétaire du jour14.
Le communiqué de la BCE ne donnait aucune raison1. C’est Christine Lagarde elle-même qui l’a fournie, en conférence de presse : elle veut retrouver « la liberté de parole, la liberté d’expression » pour s’engager sur des sujets étrangers à la politique monétaire, ce que lui interdit le devoir de neutralité attaché à sa fonction24. Âgée de 70 ans, elle avait écarté fin septembre l’idée d’une candidature à l’Élysée2.
Des taux inchangés, une inflation qui remonte
Sur le fond, la journée n’a pas réservé de surprise. La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,5 %, son taux de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %3. Cette pause était attendue après deux hausses cette année, la dernière en septembre3.
L’inflation dans la zone euro a pourtant atteint 3,8 % en septembre, contre 3,2 % en août, loin de l’objectif de 2 %3. La hausse des prix de l’énergie, liée à la guerre au Moyen-Orient, en est le principal moteur34. Dans son communiqué, la banque centrale estime que ce choc devrait à la fois pousser les prix vers le haut et ralentir la croissance, et répète qu’elle ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux3.
Une succession sous le regard de Paris et de Berlin
Le successeur de Christine Lagarde sera nommé par le Conseil européen, qui réunit les dirigeants des Vingt-Sept, à la majorité qualifiée, sur recommandation des ministres des Finances et après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE1. Le président du Conseil européen, António Costa, a annoncé le lancement de la procédure dès jeudi12. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, souhaite qu’elle aboutisse d’ici à la fin de l’année24.
Le calendrier n’est pas neutre. En partant en février, Christine Lagarde permet à Emmanuel Macron, président sortant, de participer au choix de son successeur avant la présidentielle française du printemps 2027, pour laquelle les sondages placent Marine Le Pen parmi les favoris24.
Deux noms dominent : le Néerlandais Klaas Knot, ancien gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas, et l’Espagnol Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne, aujourd’hui à la tête de la Banque des règlements internationaux23. Si les grands pays ne s’entendent pas, un candidat de compromis pourrait émerger, comme en 2019, quand la nomination de Christine Lagarde elle-même avait surpris4. D’autres sièges se libèrent en 2027 : celui du chef économiste, l’Irlandais Philip Lane, et celui de l’Allemande Isabel Schnabel, qui rejoint le Fonds monétaire international24. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a prévenu que Berlin ferait valoir son poids de première économie de la zone euro24.
En France, des réactions opposées
Emmanuel Macron a salué l’« engagement européen » de Christine Lagarde et appelé à préparer sa succession de manière ordonnée avec les partenaires européens12. À gauche, La France insoumise y voit au contraire une manœuvre : Jean-Luc Mélenchon estime que ce départ permettra au chef de l’État de négocier la nomination avec le chancelier allemand, et le président de la commission des finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, accuse Emmanuel Macron de vouloir « verrouiller la politique monétaire »1.
Un mandat traversé par les crises
Ancienne ministre française des Finances, passée par la direction du FMI, Christine Lagarde avait pris la tête de la BCE en novembre 201912. Son mandat a été marqué par la pandémie de Covid-19, puis par la flambée des prix de l’énergie qui a suivi l’invasion de l’Ukraine2.
Elle part alors que les marchés obligataires sont tendus. Le taux d’emprunt de la France à dix ans a dépassé 5 % la semaine dernière, une première depuis 2002, et l’agence Moody’s a assorti le 24 octobre la note française d’une perspective négative3. Son nom circule pour prendre la tête du Forum économique mondial de Davos, qui n’a pas souhaité commenter4.
Ce que l’on sait
- Christine Lagarde quittera la présidence de la BCE le 7 février 2027, environ neuf mois avant la fin prévue de son mandat.
- Elle dit vouloir retrouver une liberté de parole sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire.
- Le même jour, la BCE a laissé son taux de dépôt à 2,5 %, après deux hausses cette année.
- Son successeur sera nommé par le Conseil européen à la majorité qualifiée ; la procédure a été lancée jeudi.
Ce qui reste à savoir
- Sur quels sujets, précisément, Christine Lagarde veut-elle prendre la parole après son départ ?
- Klaas Knot, Pablo Hernández de Cos ou un candidat de compromis : qui réunira une majorité au Conseil européen ?
- La succession sera-t-elle bouclée avant la fin de l'année, comme le souhaite Berlin ?
Sources
- 1.Christine Lagarde quittera la présidence de la BCE en février, avant la fin de son mandatEuronews · 29 octobre 2026 · fr.euronews.com
- 2.Christine Lagarde va quitter la présidence de la BCE avant la fin de son mandatFrance 24 · 29 octobre 2026 · france24.com
- 3.La BCE maintient ses taux à 2,5 % alors que Lagarde annonce son départ anticipéEuronews · 29 octobre 2026 · fr.euronews.com
- 4.BCE : le départ anticipé de la présidente Christine Lagarde ouvre la course à sa successionFrance 24 (AFP) · 29 octobre 2026 · france24.com


