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À Pompéi, le contenu d'une armoire raconte une maison quittée en hâte

Le parc archéologique de Pompéi a présenté jeudi le mobilier d'une pièce fouillée le long de la via dell'Abbondanza : objets de toilette, collier d'amulettes d'enfant, pièces de monnaie, et deux mulots. Des traces ordinaires qui posent une question restée sans réponse : qu'est devenue la personne qui vivait là ?

Par la rédaction d'IWN

3 min de lecture

Rédigé par IA à partir des sources citées.

Une rue antique pavée de grandes dalles, bordée de murs de briques et de pierres en ruine, sous un ciel d'orage.
La via dell'Abbondanza, à Pompéi, en novembre 2018. La maison IX 11, 7 se trouve le long de cette rue.Photo : Rabax63 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Une armoire, dans une maison de taille moyenne : c’est la dernière découverte présentée jeudi 29 octobre par le parc archéologique de Pompéi12. Elle se trouvait dans la maison IX 11, 7, dans la zone centrale de la cité ensevelie par l’éruption du Vésuve en l’an 79, le long de la via dell’Abbondanza12. La façade avait été dégagée dès 1912, mais une partie des pièces du fond n’a été étudiée que récemment, dans le cadre de la restauration de l’insula voisine dite « des Chastes Amants »12.

Le meuble lui-même a disparu, mais les archéologues ont pu le reconstituer à partir des données de fouille1. La pièce qui l’abritait est ornée de peintures murales du « quatrième style », attribuées à un atelier connu, celui de la via di Castricio : le signe d’un certain niveau de vie, selon le parc12.

Une vie dans un meuble

L’inventaire dessine un quotidien. On y trouve des objets de toilette, une pince à épiler, une spatule pour mélanger les fards, un flacon de verre pour les parfums ou les onguents, ainsi qu’un brûle-parfum et une lampe en bronze12. S’y ajoutent des vases et des casseroles en bronze, en verre et en céramique, dont un petit pichet décoré d’écailles de pomme de pin12. Des poids en plomb, probablement utilisés pour une activité commerciale, étaient rangés dans une petite caisse en bois dont il ne reste que des traces12.

L’objet le plus touchant est un collier d’au moins 24 pendentifs miniatures, en faïence, en os, en pâte de verre et en cristal de roche12. Ils représentent des divinités, dont Bès et Mercure, des mains, des pieds, des pommes de pin et des grappes de raisin1. Longtemps pris pour des objets magiques, ces pendentifs sont en réalité des crepundia, littéralement des « hochets » : des colliers d’amulettes que l’on donnait aux enfants, pour les protéger et pour les entendre bouger1. Des adultes les conservaient ensuite en souvenir de leur enfance. Le parc rapproche cet usage de la forte mobilité du monde romain, où beaucoup vivaient loin de leur famille et du lieu où ils avaient grandi1.

Trente-huit pièces et deux mulots

Dans un petit panier en fibres végétales tressées, une cistella, les fouilleurs ont trouvé 38 pièces de monnaie en bronze12. Pour le parc, leur présence suggère que les occupants n’ont pas eu le temps d’emporter leurs objets de valeur1.

Plus inattendu : dans une amphore posée sur une mezzanine, au moins deux squelettes de rongeurs, identifiés par le laboratoire du parc comme des mulots sylvestres12. Les deux animaux n’étaient pas tout à fait adultes, d’après les 117 fragments minuscules qui ont permis de les reconnaître12. Des travaux étaient en cours dans la maison au moment de l’éruption, ce qui a pu la rendre moins habitable1.

Une question ouverte

Qui vivait là ? Une ancienne attribution à un certain Cornelius Maximus repose sur des inscriptions qui ne sont plus visibles12. Le parc, qui titre son communiqué sur « une femme qui ne revint jamais », reste prudent dans le texte et évoque « la propriétaire ou les propriétaires »1. S’ils ont fui à temps, ils ne sont jamais revenus chercher leurs biens, comme d’autres habitants l’ont fait selon des fouilles récentes ; s’ils sont morts, leurs biens ont pu rester là, sans héritier1.

« Pompéi n’est pas seulement un lieu de grandes œuvres d’art », souligne le directeur du parc, Gabriel Zuchtriegel, pour qui l’intérêt de la découverte tient à ces traces ordinaires, lues ensemble1. Il reconnaît que l’identité des habitants ne pourra pas être reconstituée avec certitude12.

Ce que l’on sait

  • L'armoire se trouvait dans la maison IX 11, 7, dans la zone centrale de Pompéi, sur la via dell'Abbondanza.
  • Elle contenait des objets de toilette, de la vaisselle, des poids en plomb, un collier de 24 amulettes miniatures et 38 pièces de bronze.
  • Les amulettes sont des crepundia, des colliers que l'on donnait aux enfants et que des adultes gardaient en souvenir.
  • Deux squelettes de mulots, pas tout à fait adultes, ont été retrouvés dans une amphore.

Ce qui reste à savoir

  • Qui habitait la maison ? L'attribution à un certain Cornelius Maximus repose sur des inscriptions aujourd'hui disparues.
  • La propriétaire, si c'était bien une femme, a-t-elle fui à temps, ou est-elle morte lors de l'éruption de 79 ?
  • À quoi servaient les poids en plomb : à un commerce tenu dans la maison ?

Sources

  1. 1.
    L'armadio di una donna che non tornò piùParc archéologique de Pompéi · 29 octobre 2026 · pompeiisites.org
  2. 2.

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